15.05.2008

Qualité !

935449668.jpg"SI NOUS NE SOMMES PAS LES MEILLEURS NOUS N'AVONS PAS DE RAISON D'ÊTRE"

 

"Ainsi parlaient les derniers chavaliers. Ainsi devons-nous parler... N'en déplaise aux esprits simples, ce sont les chefs et les minorités qui font l'histoire. Mais nous devons respecter les lois de notre solitude. Répondre à l'idée de masse par l'idée d'élite. Résister à "l'Administrationisme" par l'idée de hiérarchie des hommes et des faits. Reprendre de fond en comble la conception même des rapports sociaux, construire d'abord notre royaume en nous-mêmes, en respecter les lois parmi nous. Nous sommes des croyants et non pas des agitateurs... On ne réveille des affaiblis que par la force et la volonté tenace. On ne sort de la vulgarité un peuple qu'en lui lançant des mots d'ordre un peu élevés. Ne courant ni après une situation ni après un bulletin de vote, nous n'avons pas de concessions à faire. Nous sommes trop pauvres pour accroître notre fortune. Trop certains pour redouter l'échec des premières années. Notre faiblesse même nous impose de tendre à devenir sans trêve moralement supérieurs. (...) Affirmant par notre nom même d'où nous venons nous ne devrions plus maintenant nous soucier que de savoir où nous irons. Et de l'affirmer. Et de le réaliser. Etant la jeunesse nous sommes l'avenir. Cette affirmation banale n'est sans doute pas inutile... Si nous voulons agir selon notre volonté et ce que nous nommons notre "mission", alors QUALITE d'abord et en tout."  

 

Jean Mabire in Viking, Cahiers de la jeunesse des pays normands

06.05.2008

A l'écoute...

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22.04.2008

Le Fight club et la danse

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"Prendre conscience que la pensée européenne est profondément pénétrée de cette idée de lutte. Et que ce mécanisme d'opposition qui finit par un choix, une option, une décision commune - de bon ou de mauvais gré - constitue l'essence de notre culture.

C'est cette culture là que le philosophe-voyou aimerait remettre à l'honneur. Ressusciter.

Faire couler du sang frais dans le corps inanimé d'une Europe, hâve, exsangue, persuadée elle-même de son infirmité à se battre, convaincue que "victorieux" est synonyme de "monstrueux", "médiocre", "criminel".

Retour, donc, à un éloge de la volonté de vaincre, du courage de conquérir. Qu'elle qu'en soit l'issue. La vie, la mort. La conscience, l'inconscient. Le confort ou le coquard.

(...) Pour le corps et l'esprit, le risque entier surgit alors. Risque de perdre son intégrité physique. D'avoir mal, pour de vrai. Ne plus être comme avant : le nez dévié, l'oreille en chou-fleur, le doigt en maillet. Risque de mettre en jeu son personnage social, l'arcade éclatée, l'oeil au beurre noir, la griffure transversale, l'écorchure à la bouche. Autant de signes distinctifs, de "marqueurs sociaux", qui vous mettent en marge. Exclu pour un coquard. Saleté de l'oeil tuméfié. Du caillot de sang. Propreté du corps intact et vierge de coups. Puceau du réel. Le Fight club c'est aussi cela, la défloraison mentale de l'individu. Sa découverte du réel. Risque aussi de perdre ses prétentions et son orgueil. Risque psychologique donc de se voir tel que l'on est, sans fard, ni maquillage. Exit les illusions. Et que la personne que l'on était, composait en fait un rôle. Le Fight club, par le sang versé, tire le rideau du théâtre de la vie. Theatrum mundi apertum. Dévoilement des apparences. Dévoilement de l'être.  

(...) Eloge de la danse. Donc. Après Lucien, l'un des rares penseurs en date à avoir osé une philosophie du mouvement gymnique. Le philosophe-voyou ne se fera pas l'apôtre des danses classiques. Ni celui des "danses" de boîtes de nuit. Des pingouins impulsant des gestes absurdes à une partie de leur corps. Dans des endroits confinés à l'extrême, lieu de l'égocentrisme, lieu du relâchement moral et intellectuel. Entraver sa liberté pour une activité qui appelle la créativité. Contenir la force quand tout demande l'explosion. Le sort de la danse aujourd'hui est clair : être le fait de spécialistes ou bien mourir dans les night-clubs.

Le philosophe-voyou se situant une nouvelle fois dans la perspective antique, convoque un retour de la danse dans nos vies. Et plus précisément sous la forme qu'elle pouvait avoir à Sparte, ou encore il y a quelques années dans des tribus africaines. La danse de la guerre.

(...) Voilà qui est bien suffisant pour nous. La danse par le travail de visualisation qu'elle suppose se donne comme un entraînement supplémentaire au combat. Matrice explicative du monde aux yeux du philosophe-voyou. Le guerrier, le combattant comme danseur, donc.

Renversement des valeurs dans une société de l'hypocrisie. Où contrairement à ce qu'on y prétend, la danse est souvent assimilée à une expression de la féminité. A l'art. Aux Arts.

Le membre du Fight club doit s'approprier cette créativité. Devenir un contorsioniste. Pour frapper, durer, gagner. Vaincre. Fight club contre Night Club."

 

Raphaël et Olivier Saint-Vincent in Manifeste du philosophe-voyou

(Chap. 10 : "La palestre, le Fight club, et la danse" ; Editions de L'Harmattan)

 

 

05.04.2008

Il est encore temps :

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03.04.2008

Hommage aux fils de Saint Patrick (II)

Voici la deuxième et dernière partie des oeuvres consacrées à l'Irlande que nous avons sélectionnées. Il est clair qu'il s'agit d'un choix non pas arbitraire, mais certainement incomplet. Cela néanmoins n'enlève rien à la valeur de ce que nous ne citons pas dans cette liste à cause de notre connaissance partielle du sujet et des publications qui s'y rapportent, et parce qu'il est de toute manière quasi impossible de tout faire figurer. 

 

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La Résistance irlandaise (1916-2000) de Roger Faligot est sans aucun doute la somme la mieux conçue et la mieux réalisée sur le sujet. Parue initialement en plusieurs éditions sans cesse réactualisées, cette étude est particulièrement recommandée à ceux qui n'ont jamais compris les enjeux et les tenants de la lutte irlandaise pour l'indépendance nationale. Journaliste d'investigation réputé (nous recommandons d'ailleurs chaudement son Histoire secrète de la V° République publiée aux Editions de La Découverte), l'auteur retrace avec minutie et patience les péripéties de cette Irlande combattante à travers les méandres de l'histoire d'un siècle. Adoptant le regard objectif et détaché du chercheur, malgré la passion qui l'anime (cf. sa biographie de James Connoly, autre héros des Pâques 1916), il fournit au lecteur l'appui et les données des questions économiques, sociales et sociologiques. Ces dernières sont notamment capitales pour saisir les raisons de la guerre civile et de la situation en Irlande du Nord. Roger Faligot décrit aussi parfaitement l'évolution de cette résistance à travers les scissions successives de l'IRA, ses chevaux de bataille et ses stratégies. Le passage de la lutte armée à la résolution politique est bien traitée en posant la question de l'unité possible des 32 comtés à l'heure du post-nationalisme.

Au final, l'aspect universitaire de l'ouvrage peut rebuter, mais il est impossible de s'en passer pour comprendre la complexe question irlandaise.  

 

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Liam O'Flaherty est indéniablement l'un des romanciers les plus connus de l'île d'Emeraude. Dans Insurrection, une pièce maîtresse de son oeuvre, il nous fait suivre à travers les aventures du jeune Bartly Madden les évènements du coup de main du 24 avril 1916. Les évènements décrits dans les ouvrages précités ne sont pas ici analysés ou décortiqués par le regard de l'historien ou du politique. Ils sont littéralement vécus malgré la fiction.

Il serait possible de faire un parallèle avec les films Michael Collins et Le vent se lève. Ces films donnent deux visions différentes de la guerre d'indépendance irlandaise. L'un est consacré à la vie et à l'oeuvre d'un homme, d'un personnage historique, et donc adopte une vision générale des choses dirons-nous. L'autre se penche au contraire sur le vécu de l'histoire par des individus tout aussi actifs mais moins déterminants de fait ; il se concentre donc plus sur les rapports individuels bien que ce jugement reste sommaire. Insurrection se rapprocherait plus de cette deuxième vision des choses. En tout cas, une chose est sûre : c'est un roman captivant et haletant à lire en écoutant les chants des rebelles irlandais.

 

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Gardant le meilleur pour la fin, voici le livre qui vous réconciliera avec l'Irlande et les Irlandais si jamais vous aviez quelque antipathie envers l'un et/ou l'autre. Pour faire court, Brendan Behan est un peu le Blondin irlandais, si on peut oser la comparaison. Outre le même penchant pour la disve bouteille, on trouve chez Behan une truculence, une autodérision, un héroïsme qui s'ignore, propres aux grands buveurs. Des prisons anglaises aux pubs de Dublin, ce fieffé rebelle n'a jamais su garder sa langue dans sa poche, poussant même le vice à chanter et à écrire ses aventures. Mais n'allez pas croire qu'il l'a fait pour la gloire, mais bel et bien pour avoir de quoi se payer à boire.

Malgré sa jovialité, l'auteur laisse percer de temps en temps une profonde amertume sur sa condition, mais sans jamais se laisser abattre, d'où le secours de l'alcool. Ainsi quand il sort de prison, il décrit ses impressions : "Quand j'appris que j'allais être de nouveau libre, je sus que j'allais de nouveau être libre d'avoir faim, et d'être pauvre, et de ne posséder de pyjamas d'aucune sorte, même pas ceux de l'Armée de l'Etat Libre."

Par ailleurs son patriotisme, réel et vivant, n'est pas obtus et s'accompagne d'un recul à la fois objectif et humoristique. C'est qu'il considère que " le premier devoir d'un écrivain est de dénoncer sa patrie, sans quoi il n'est pas un écrivain ! " Attention de ne pas confondre cette assertion avec un quelconque ethnomasochisme. Simplement, il considère que l'homme de lettres doit être capable de considérer les qualités et les faiblesses de sa patrie, avant de pouvoir critiquer celle des autres.

Enfin, Brendan Behan reste un grand ami de la France où il vécut une partie de sa vie de bohème. Il fréquenta même Saint-Germain-des-Prés aux glorieuses heures croisant Genet et Sartre, sans aucun snobisme, mais gardant une amitié sincère pour Camus. "Des éléments les plus simples, nous avions fait une nuit joyeuse. C'était toujours ainsi en France." Oui, cher Brendan, ça l'était sans doute...

 

1173254489.jpgLe film de Ken Loach, s'il mérite amplement sa palme d'or, ne mérite pas de commentaire. Il est inutile de parler de ce film, il faut le voir c'est tout. 

 

 

 

 

 

 



31.03.2008

Hommage aux fils de Saint Patrick (I)

En ce jour béni de la Saint Patrick et à quelques jours de Pâques, plutôt que de tenter d'apercevoir les lutins verts à l'aide de la Guiness, nous vous proposons une petite série de livres et de films à (re)découvrir afin de connaître et de célébrer dignement les héros de l'indépendance irlandaise, véritables modèles politiques et humains, ainsi que l'ensemble des combattants d'une cause identitaire s'il en est.

 

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En premier, voici la biographie concise et essentielle de feu Jean Mabire sur Patrick Pearse, sans doute l'un des plus célèbres Péres fondateurs de la République d'Irlande. Poète, guerrier, politique déterminé et martyr tout à la fois, il reste sans conteste l'idéal héroïque de la foi et du sacrifice.

Jean Mabire, qui voulait absolument transmettre l'enseignement de cet éveilleur de peuple, termine son ouvrage sur ces phrases magnifiques de Padraig Mac Piarais :

"Quand on parle de peuple, quand on parle de nation ; les vivants sont méconnaissables et nous apparaissent comme des étrangers s'ils ne se reconnaissent eux-mêmes dans leurs morts, si les morts et les vivants ne font pas un. La vie prend racine dans la mort, et des tombes des patriotes - hommes et femmes - se lèvent les nations vivantes."      

 

 

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Fin 2007, les éditions Via Romana ont enrichi leur collection du dernier livre de Philippe Maxence, journaliste et auteur de la célèbre biographie de Baden-Powell. Catholique fervent et tout autant patriote, il a voulu rassemblé dans un ouvrage utile tout ce qu'il fallait savoir des "Pâques sanglantes de 1916. Pâques de l'Irlande, aurore de la liberté et de l'indépendance. Une belle leçon pour les peuples en ces temps où l'attachement charnel à sa terre natale, à sa culture nationale, à l'union de toutes les forces vives d'un pays, tend à disparaître, au profit d'un universalisme faisandé."

Fort bien documenté, l'auteur, outre l'histoire des évènements racontée de manière exhaustive et lapidaire, a eu l'intelligence de faire figurer un dictionnaire complet des protagonnistes irlandais et anglais, de leurs associations et institutions respectives. Enfin, des annexes diverses contenant proclamations, textes constitutionnels ou encore chronologies clôturent cette petite encyclopédie dédiée à la "terre sainte d'Irlande" selon le mot de Yeats.

 

 

706373141.jpg Il serait impardonnable d'oublier dans la petite liste que nous établissons le célèbre film de Neil Jordan (réalisateur irlandais d'Entretien avec un vampire et dernièrement de l'excellent A vif avec Jodie Foster) consacré aux exploits du big Fellow, organisateur de l'IRA et technicien hors pair de la guérilla et du renseignement. Homme d'action et de terrain, les manoeuvres politiques inconnues de ce chef de guerre lui coûteront la vie malheureusement dès 1922. Il reste la cheville ouvrière incontestée de l'Etat libre d'Irlande.  

  

 


 

 

A noter d'ailleurs la tout aussi remarquable biographie de Pierre Joannon rééditée récemment au format poche chez Le Petit Vermillon et préfacée par Michel Déon. 

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