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29.04.2008

Comprendre Mai 68

541981667.jpg" Il est frappant de voir à quel point les ex-contestataires de 1968, une fois libérés de leur phraséologie révolutionnaire, sont devenus les employés dociles et les profiteurs avides du système de consommation occidental. L'erreur de ces bons jeunes gens au temps de leur jeunesse avait été d'identifier les façons d'être traditionnelles qu'ils haïssaient au capitalisme. Ils avaient été de biens mauvais lecteurs de Karl Marx. Ils n'avaient pas compris que la société capitaliste avancée avait un pouvoir destructeur bien supérieur à celui des rhéteurs de la contestation. Quand ils eurent découvert que le monde libéral travaillait dans la même direction qu'eux, mais avec des moyens finalement beaucoup plus efficaces et agréables que ceux de l'ascétisme révolutionnaire, ils ne demandèrent qu'à se rallier. Loin de nuire à la société marchande, la contestation soixante-huitarde avait contribué à faire sauter les derniers obstacles limitant ses débordements."

 

Dominique Venner in Le coeur rebelle

(Editions Les Belles Lettres)

28.04.2008

Intégration ?


27.04.2008

Sans arme, ni haine, ni violence

2009101841.jpgBeaucoup attendaient ce film avec impatience. Mais c'est peu de dire qu'ils furent déçus de l'attitude du réalisateur et de ses déclarations à propos d'Albert Spaggiari. En effet les acteurs du film, et Jean-Paul Rouve lui-même, ne se sont pas gênés pour dire tout le mal qu'ils pensaient de celui qui les a inspirés. Et ce, la veille de la sortie du film, sur le plateau de M-O Fogiel sur M6.

En plus de Gilles Lellouche et du réalisateur, était invité ce soir-là Maurice Rollet, médecin et ami de Spaggiari. Présenté comme ancien de l'OAS et ayant le courage de ne rien renier de ses engagements, le pauvre homme se retrouva l'objet de toute les mauvaises attentions. Homme honnête et ami loyal, l'ancien responsable de la Fédération des Etudiants Nationalistes n'hésita pas à parler de Spaggia sans tabou, enfreignant sans vergogne plusieurs commandements du Politiquement Correct. Or cet invité incongru n'avait pas bien compris le sujet de la conversation. On n'était pas présent pour parler d'Albert Spaggiari, de ses sympathies et de ses actions au sein de la droite radicale, mais pour vendre un film à propos d'un voleur fantasque obsédé par la célébrité. Sans doute le petit Fogiel a voulu faire comprendre à Rouve qu'il devait mieux choisir ses personnages, et qu'il s'en fallait de peu pour qu'il soit taxer de "fasciste". Comprenant la manoeuvre, tous ont alors tenu à se démarquer publiquement d'une idéologie exécrable dont M. Rollet était le violent représentant. D'un coup, le bandit au grand coeur et le brave vieillard présent sur le plateau devenaient de dangereux baroudeurs d'extrême-droite (dans l'échelle de l'ignominie, ils se situent à peu près entre le tueur en série et le pédophile selon les cas). Face à la stupidité et à l'ignorance de Lellouche, ainsi qu'à la lâcheté de Jean-Paul Rouve qui, plus long à réagir, n'ignorait pas les idées politiques de celui qu'il interprète, Maurice Rollet se montra d'une patience et d'un calme exemplaires. Ce dernier, confronté à la haine et à la bêtise, sut faire honneur à la devise de Spaggiari.

Autant dire que cette émission en avait convaincu plus d'un de ne pas aller donner son argent à de tels profiteurs. Néanmoins pour certains la tentation et la curiosité l'emportèrent sur le principe. Il faut donc avouer, quoique l'on puisse penser des auteurs et des libertés qu'ils ont prises avec leur sujet, que le film est correct sous l'angle cinématographique. Court et suffisamment rythmé, il s'intéresse plus à une cavale quelque peu romancée et imaginée d'Albert Spaggiari qu'à sa biographie complète. Logiquement, le spectateur regarde le Spaggiari vu par Rouve. Et ce dernier a préféré insister sur le côté décalé qu'il a cru décelé chez l'auteur du casse de Nice, que sur ses idées et amitiés politiques, qu'il n'occulte pas complètement en l'occurence. Ce choix peut déplaire, mais ne saurait constituer une accusation légitime. Dès lors, le film est largement regardable, voire même plaisant, à condition de ne pas s'attendre à ce qu'il n'est pas : c'est-à-dire ni une dénonciation, ni une apologie politique. Malgré tout, cela n'enlève rien à l'attitude proprement scandaleuse de ces cinéastes qui s'inquiètent plus de leur bénéfice que du respect de la vérité.  

N.B : L'Humanité a très mal noté ce film et Ras l'front Rouen s'est fendu d'un article pour déconseiller d'aller le voir. Alors rien que pour contredire ces maîtres-censeurs à la manque, ça vaut le coup d'aller se détendre devant une toile.

           

26.04.2008

Street art

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25.04.2008

La belle putain

1011991348.jpg"La jeunesse d'Europe s'est gorgée d'américanisme jusqu'à en crever. Tout ce qui détruit notre monde vient d'outre-Atlantique : de la contestation à la corruption, en passant par les drogues, le sexe et les sectes. Tout cela au nom de cette belle putain qui brandit un flambeau à l'entrée du port de New York et que l'on nomme la Liberté. Liberté de nous suicider, après nous être avilis."

 

Jean Mabire in L'Asie aux Asiatiques

(publié en juillet 1975 dans Item)

23.04.2008

Nouvelles recrues

951677713.jpgQuand l’ambassadeur reçoit les jeunes de Villiers-le-Bel et Saint-Denis

E.C.
lundi 21 avril 2008 | Le Parisien

SAINT-DENIS-Miromesnil sur la ligne 13. Dix stations de métro relient deux mondes qui ne se côtoient jamais quand ils ne s’ignorent pas. Ce jeudi soir d’avril, une dizaine de lycéens de Saint-Denis, polos et petits tops ajustés sur les tailles, sortent du métro et se dirigent vers la rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Le palais de l’Elysée sur leur droite, ils poursuivent leur chemin sous le regard des services d’ordre et finissent par atteindre le porche du 41, la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis en France. Il n’y a pas erreur sur l’adresse. Les gardes à l’entrée se montrent d’ailleurs peu regardants. Ce soir, les lycéens du 9-3, et leurs voisins du collège Martin-Luther-King de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) sont les hôtes privilégiés de Craig Roberts Stapleton et son épouse. « Prestige ! » clame Lucie depuis l’aile gauche de l’hôtel particulier, la tête levée vers les plafonds à dentelle. La banlieue reçue telle une reine dans ces lieux de pouvoir au même titre qu’une princesse du Burundi et qu’un aréopage de célébrités afro-américaines en mémoire de Martin Luther King : les adolescents jubilent. Autrefois rejetés et regardés comme des pestiférés, ils sont aujourd’hui courtisés par les plus grands.

La carte de la main tendue

Massinissa, 17 ans, et ses amis profitent sans se poser de question. Quand on les interroge sur le pourquoi de leur présence, ils avouent ne pas y avoir pensé. « On vient du collège Martin-Luther-King et on prépare un projet sur la diversité. Cela a dû les motiver, non ? » suppose Odilia. Lucie, 15 ans, grandie à Villiers-le-Bel, soupçonne un rapport avec les violentes émeutes de novembre dernier. « C’est gênant, on ne se fait pas remarquer pour les bonnes raisons », regrette Odilia. « Subitement, la banlieue intéresse tout le monde, constate Martine, venue accompagner les élèves. C’est plus une curiosité malsaine, désagréable. Mais c’est vrai que je me demande quel intérêt les Etats-Unis ont à nous recevoir. » Des habitants venus du Franc-Moisin, quartier difficile de Saint-Denis, et de Villiers-le-Bel, tristement sorti de l’anonymat depuis novembre, reconnaissent que l’affiche est belle pour un pays qui joue la carte de la main tendue vers la banlieue. « Des jeunes du 9-3, des musulmans, cela va leur faire un bon coup de pub », claque Massinissa, lequel n’ose plus trop cracher dans la soupe depuis que l’ambassade l’envoie un mois cet été apprendre le droit, rencontrer les médias et les politiques à Washington.

Les voyages d’Ali, Karim ou Fayçal tous frais payés

Emeline Cazi
lundi 21 avril 2008 | Le Parisien

ALI ZAHI raconte son voyage aux Etats-Unis avec des étoiles dans les yeux. « Je me suis retrouvé en Arkansas, en Oregon, au Texas, et je n’ai qu’une hâte : y retourner. » On l’aurait rencontré quelques mois plus tôt, pas sûr que ce grand escogriffe à chemise blanche ait tenu le même discours. Entre-temps, il est passé entre les mains des Américains et a côtoyé l’Oncle Sam pendant trois semaines aux frais de l’ambassade des Etats-Unis.

Ali, 31 ans, né au Maroc, qui a grandi et a été élu à Bondy, dirige le cabinet du maire de Clichy-sous-Bois, berceau des émeutes de 2005. Un pur produit de la Seine-Saint-Denis qui le désigne naturellement candidat à la nouvelle version de l’International Visitors Program du département d’Etat américain. Depuis trois décennies, l’administration américaine repère les futurs leaders de la planète et les prend sous sa coupe. Des générations de politiques et de grands patrons, dont Nicolas Sarkozy, François Fillon, Gordon Brown, ont bénéficié de ce programme.

« Nous pouvons faciliter le dialogue »

A l’époque, le casting se faisait aux portes de l’ENA et des grandes écoles. Mais, en 2005, la cible change. L’Amérique se focalise sur l’autre France, cette société émergente, diverse, qui veut se faire entendre, et dont les leaders pourraient rapidement prendre du galon. Amirouche Laïdi, président du club Averroès, le jeune chef d’entreprise Aziz Senni, Stéphane Pocrain… Tous ont serré la main de grands décideurs américains et ont fini par nuancer leur propos sur les Etats-Unis. Peu échappent à la règle. Mohamed Hamidi, du Bondy Blog, et Karim Zeribi, président du Parlement des banlieues, y sont en ce moment. « Evidemment, les idées américaines ne sont pas toutes transposables. Nous n’avons pas forcément les réponses, mais nous pouvons faciliter le dialogue et confronter les points de vue », commente Randiana Peccoud, chargée de la diversité à l’ambassade des Etats-Unis en France.

« On aimerait te faire partir. Tu raconterais ton expérience »

Pour tous, le recrutement s’est déroulé de la même manière, en douceur. C’est un ami, Fayçal Douhane, militant de la diversité au PS, qui introduit Ali Zahi auprès de l’ambassade. Le premier contact est informel. S’ensuivent des invitations à des colloques, des dîners en ville . Jusqu’au jour où il reçoit ce coup de téléphone. « On aimerait te faire partir. Ce serait vraiment intéressant pour toi. Tu raconterais ton expérience. » Envoyé à l’automne, Ali rencontre des politiques, un imam, des lobbyistes, les responsables de communautés. « Tous voulaient comprendre pourquoi des Français, issus du Maghreb ou de confession musulmane, ont une telle défiance à leur égard alors qu’ils ne connaissent pas l’Amérique. »

L’administration Bush ne regarde pas à la dépense. Hôtels, traducteur, vols intérieurs, tout est inclus. Justin Vaisse, chercheur, n’y voit rien d’autre que du « travail d’influence ». Clichy travaille aujourd’hui en direct avec l’ambassade. « Je ne me pose pas la question de savoir ce qu’il y a derrière tout ça, avoue Ali. On n’a pas le temps. Ils nous présentent un projet d’envergure, quasi financé, qui va valoriser les habitants. Sur le terrain, on prend ce qu’il y a à prendre. » Pragmatique, Ali Zahi, à l’américaine.

22.04.2008

Le Fight club et la danse

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"Prendre conscience que la pensée européenne est profondément pénétrée de cette idée de lutte. Et que ce mécanisme d'opposition qui finit par un choix, une option, une décision commune - de bon ou de mauvais gré - constitue l'essence de notre culture.

C'est cette culture là que le philosophe-voyou aimerait remettre à l'honneur. Ressusciter.

Faire couler du sang frais dans le corps inanimé d'une Europe, hâve, exsangue, persuadée elle-même de son infirmité à se battre, convaincue que "victorieux" est synonyme de "monstrueux", "médiocre", "criminel".

Retour, donc, à un éloge de la volonté de vaincre, du courage de conquérir. Qu'elle qu'en soit l'issue. La vie, la mort. La conscience, l'inconscient. Le confort ou le coquard.

(...) Pour le corps et l'esprit, le risque entier surgit alors. Risque de perdre son intégrité physique. D'avoir mal, pour de vrai. Ne plus être comme avant : le nez dévié, l'oreille en chou-fleur, le doigt en maillet. Risque de mettre en jeu son personnage social, l'arcade éclatée, l'oeil au beurre noir, la griffure transversale, l'écorchure à la bouche. Autant de signes distinctifs, de "marqueurs sociaux", qui vous mettent en marge. Exclu pour un coquard. Saleté de l'oeil tuméfié. Du caillot de sang. Propreté du corps intact et vierge de coups. Puceau du réel. Le Fight club c'est aussi cela, la défloraison mentale de l'individu. Sa découverte du réel. Risque aussi de perdre ses prétentions et son orgueil. Risque psychologique donc de se voir tel que l'on est, sans fard, ni maquillage. Exit les illusions. Et que la personne que l'on était, composait en fait un rôle. Le Fight club, par le sang versé, tire le rideau du théâtre de la vie. Theatrum mundi apertum. Dévoilement des apparences. Dévoilement de l'être.  

(...) Eloge de la danse. Donc. Après Lucien, l'un des rares penseurs en date à avoir osé une philosophie du mouvement gymnique. Le philosophe-voyou ne se fera pas l'apôtre des danses classiques. Ni celui des "danses" de boîtes de nuit. Des pingouins impulsant des gestes absurdes à une partie de leur corps. Dans des endroits confinés à l'extrême, lieu de l'égocentrisme, lieu du relâchement moral et intellectuel. Entraver sa liberté pour une activité qui appelle la créativité. Contenir la force quand tout demande l'explosion. Le sort de la danse aujourd'hui est clair : être le fait de spécialistes ou bien mourir dans les night-clubs.

Le philosophe-voyou se situant une nouvelle fois dans la perspective antique, convoque un retour de la danse dans nos vies. Et plus précisément sous la forme qu'elle pouvait avoir à Sparte, ou encore il y a quelques années dans des tribus africaines. La danse de la guerre.

(...) Voilà qui est bien suffisant pour nous. La danse par le travail de visualisation qu'elle suppose se donne comme un entraînement supplémentaire au combat. Matrice explicative du monde aux yeux du philosophe-voyou. Le guerrier, le combattant comme danseur, donc.

Renversement des valeurs dans une société de l'hypocrisie. Où contrairement à ce qu'on y prétend, la danse est souvent assimilée à une expression de la féminité. A l'art. Aux Arts.

Le membre du Fight club doit s'approprier cette créativité. Devenir un contorsioniste. Pour frapper, durer, gagner. Vaincre. Fight club contre Night Club."

 

Raphaël et Olivier Saint-Vincent in Manifeste du philosophe-voyou

(Chap. 10 : "La palestre, le Fight club, et la danse" ; Editions de L'Harmattan)

 

 

18.04.2008

Par tous les temps...

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14.04.2008

Témoignage

Nous avons reçu ce témoignage d'un lycéen. Le texte étant anonyme, nous avons hésité à le publier. Néanmoins ce qu'il révèle, n'a malheureusement rien d'exceptionnel. Au contraire il reflète parfaitement une dégradation générale et progressive de toutes les institutions, et la nécessité d'y faire face.

1759236848.jpgIl y a quelques semaines, a eu lieu dans un lycée (plutôt calme) de l’agglomération de Rouen, une agression physique et verbale envers un professeur.

Rappel des faits :

Le professeur en début d’heure, a prévenu l’élève qu’il ne l’accepterait pas en cours du fait de nombreuses perturbations et provocations qu’il aurait commises. Mais cet élève, remonté par les mises en garde et la décision du professeur, a commencé à insulter, puis  a menacé et enfin bousculé le professeur. Par chance l’agression n’ira pas plus loin, du fait de l’intervention d’un autre professeur pour calmer l’élève.L’agresseur voyant qu’il était en mauvaise posture s’en alla.

L’agression fut rapportée par le professeur à son administration, et l’élève envoyé en conseil de discipline. Cette agression eut pour conséquence l'arrêt total des cours pendant plus d'une demi-heure, à cause de la protestation des professeurs en colère ; car l’élève n’en était pas à son coup d’essai : il avait déjà de nombreuses fois auparavant menacé et insulté des professeurs, tenu des propos racistes anti-blanc (voulant "en faire baver à ces enc... de colonialistes et les piller ! " - sic), voire antisémites en classe (sans protestation de personne), et agressé des élèves.

Voici où mène une politique de laxisme abusif et d’assistanat social, où l'on culpabilise les uns et qu'on en couvre d'autres au nom de l'impunité des pseudo-victimes. 

Bien sûr certain gauchistes lui trouvèrent des excuses, comme quoi il n’avait pas de famille (il fut adopté par des gens plutôt aisés) et que cela l’aurait perturbé et mené à de tels excès. Ne serait-il pas discriminant de considérer cette personne comme facilement perturbée et manipulable ?

Rappelons que la sécurité dans ce lycée se dégrade depuis le début de l'année. Nous avons encore le souvenir de l’agression sauvage d’un jeune lycéen, quand une trentaine de "jeunes" le frappèrent violemment, ou les règlements de compte devant la sortie, les bagarres, les ventes de stupéfiants et d’objets volés, des attroupements de jeunes menaçants, etc...

 

05.04.2008

Il est encore temps :

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